dimanche 6 mai 2007

Ne jamais remettre à demain...



ce qu'on peut faire immédiatement,... même à moitié.

A Madagascar le plus gros soucis est encore la logistique, il vaut mieux ne rien planifier, et prévoir une marge pour de nombreux imprévus...
Synthèse extraite de 6 semaines sur place :

- Panne du réseau visa international le vendredi 13, au moment où nous n'avons plus d'argent du tout et où nous partons pour 15 jours en brousse. C'est pas grave on va changer les traveller cheque, mais les banques refusent les coupures de plus de 50$ et nous n'avons que des travellers de 100$. Nous optons pour un bureau de change au noir, après tout il nous reste 1h avant le départ du taxi-brousse.
Thomas fonce pour être à l'ouverture à 3h mais voilà, ce jour là, le patron aura finalement décidé de prolonger sa sieste, nous repartons bredouille. J'appelle nos correspondants de l'Alliance Française pour un dépannage d'urgence, mais, le directeur n'est pas là, probablement parti en WE, nous vivrons donc à credit ces 15 premiers jours. et la prochaine fois, nous prévoirons un budget pour le mois entier, il faut bien avoir un mois d'avance ici.
- Panne d'electricité : 1ere expérience à partir de 3h de l'après midi un samedi, elle revient le lendemain mais nous devons quitter Tulear pour la brousse, pas le temps d'envoyer les mails, on fera ça le WE prochain.
et le WE d'après, bien avertis, et donc à peine descendu du taxi-brousse, nous fonçons vers le cyber café, coupure depuis 1 heure, nous sommes donc restés jusqu'au lundi midi en restant une nuit de plus que prévu pour nous connecter mais cette fois ci la coupure a duré 10 jours. Tant pis, nous nous connecterons le WE prochain !
Nous n'en avons pas souffert car nous retournions en brousse. Mais pour les citadins, c'était une autre histoire, puisque après 4 jours de coupure, c'est l'eau courante qui a été coupée avec les conséquences que vous imaginez sur l'état sanitaire. Pas de soucis, on reviendra la semaine prochaine.
- mais la semaine suivante : les taxis brousse n'arrivent plus de Tulear, et nous apprenons que la ville de Tulear est fermée pour cause d'emeutes, les étudiants, associés à quelques casseurs manifestent, la ville est bloquée, pas d'essence, pas de ravitaillement. Nous n'en avons pas souffert non plus, car si le ravitaillement en légumes n'arrivait plus jusqu'à St Augustin,
cela a eu le mérite de faire ouvrir les boites de haricots blancs de notre hotelier, et après un mois de riz crevettes, c'était divin !
- Mais quand le calme revient en ville, la pluie arrive, et comme au début de notre séjour, bloque la piste. Qu'à cela ne tienne, nous enverrons des mails à la toute fin de notre séjour et restons sur place un peu plus longtemps !
... après tout, les ballades avec les enfants sont formidables à St Augustin !

Nous avons trouvé un resto avec Satellite pour regarder la soirée des élections. A ce soir par les ondes !

samedi 5 mai 2007

Départ vers Tulear compromis...



Nous avions bien prévu de rentrer à Tulear rapidement pour finir d’envoyer des mails et remédier à la coupure de courant du WE dernier avant de remonter vers la capitale et nous envoler à Bangkok.
MAIS, ce pays est plein de surprises et nous retiendrons qu’il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire, même à moitié, dans la minute qui suit.
Nous ne rentrerons donc pas immédiatement à Tulear car suite à la coupure d’electricité du WE dernier qui a finalement duré toute la semaine, les habitants ont également été privé d’eau pendant plusieurs jours. A côté de ça, des étudiants ont manifesté car ils n’ont pas assez de lumière à l’université pour étudier. Ils ont été rapidement rejoins par des habitants de Tulear (car la taxe d’habitation a été multipliée par 10 cette année), puis par des casseurs. Des magasins, en particulier ceux des Indiens, qui détiennent une bonne partie des commerces de Tulear, ont donc été pillés et les abords de la ville étaient bloqués.
Nous avons été tenus au courant des derniers évenement par le taxi-brousse puis compris que cela ne s’arrangeait pas car il ne venait plus !
Mais là où nous étions, la vie suivait presque son cours normal. Nous disons presque car quand les abords de Tulear sont bloqués, les légumes n’arrivent pas à Tulear, et donc encore moins à St Augustin. Ce qui nous a arrangés d’ailleurs puisque notre hôtelier a été obligé d’ouvrir ses conserves de haricots, qui nous changeaient de l’ordinaire !
Donc plutôt que de rentrer à Tulear où il n’y avait plus d’electricité et où nous n’étions pas certains d’avoir de l’eau, nous sommes partis quelques jours à Anakao, le temps que tout se rétablisse. Et au moins là, comme c’est une île, les hôtels sont équipés en panneaux solaires, et savent s’approvisionner. Quelques jours donc où nous avons bien profité du soleil et de la plage !

vendredi 4 mai 2007

Ceremonie de cloture



Les enfants ont donc mis en scène devant leurs parents et une cinquantaine d’autres enfants du village l’histoire de Sambalahy et Rakoto, à la recherche du soleil qui avit disparu derrière la montagne. Pendant qu’un groupe lisait le conte, un autre mimait des scènes et le troisième montrait les formes symbolisant les personnages que nous avions préparé durant la semaine.
Le spectacle a bien entendu remporté un très vif succès. Chaque scène du conte rédigée et illustrée est désormais accrochée au mur, avec la chanson de la sorcière que Thomas avait écrite, et nous avons entendus les enfants nous la chanter à notre départ ! Nous pensons aux volontaires qui viendront après nous, il y a du travail pour améliorer la mélodie … !
Pour cette journée un peu spéciale, nous avions préparé une présentation photo qui devait être projetée grâce au matériel de l’Alliance Française,… mais personne n’est venu… Les enfants n’ont pas trop été déçus car nous ne leur avions rien dit. Nous leur avons donc montré les photos sur le PC.

mercredi 2 mai 2007

Le petit poisson qui avait peur de tout



Voilà donc notre héros pour ce 3ème compte.
Les enfants qui travaillent avec moi sont assez jeunes (6-7 ans) puisque Héloïse anime l'atelier conjugaison avec les plus grands. Le conte est donc assez simple mais nous le trouvons très mignon pour de jeunes enfants.
C'est l'histoire d'un petit poisson qui, ayant peur de tout, demande aux autres animaux marins ce qu'ils font quand ils ont peur et finalement c'est sa maman qui lui dit comment ne plus avoir peur. Finalement, je renonce à faire dessiner l'histoire par les enfants.
Nous allons nous servir de nos poissons bourrés de papier pour composer des scènes sur le sable. L'animation du CLEF se transformera donc cette après midi en école buissonnière au bord de la mer.
Surprise, nous sommes pris de fous rires avec Hélo. Pendant qu'ils dessinent les petits ont tellement répétés les conjugaisons des grands qu'ils veulent maintenant aussi jouer avec les dés ! Désormais avant l'arrivée de la classe de Joséphine nous jouons au jeu de l'oie avec nos grammairiens en herbe et ils se débrouillent pas mal du tout.
C'est dans ces moments là que l'on voudrait que notre action soit plus durable. En quelques semaines, ils ont fait de grands progrès en expression orale mais faute d'animateurs permanents s'exprimant en français aisément l'apprentissage se fait pas accoups. La formation initiale et continue de l'animateur local mais aussi des instituteurs au français est incontournable.

mardi 1 mai 2007

Balade sur la presque île de Soradraona

Journée libre pour les enfants aujourd’hui, le 1er mai est férié ici aussi.
Nous en avons donc profité pour faire une ballade avec eux. La journée était très belle et ils nous ont emmenés nous baigner sur une presque île à 1h de marche de St Augustin. Comme pour notre dernière ballade avec eux à la piscine naturelle, nous avons vu des paysages superbes tout le long du chemin. Notre marche était accompagnée des chansons des enfants quelques fois malgaches, quelques fois françaises.
Nous avons été très surpris quand nous les avons entendu chanter « Jamais on n’a vu, jamais on ne verra, la famille Tortue courir après les rats,… » et avons bien pensé aux petits Bordier ! Manquait plus que la chanson « zimboumboum » et on était à Marans… avec plus d’enfants encore… Nous nous sommes donc baignés avec les enfants, tout le monde habillé dans l’eau car comme ils n’ont pas de maillots de bain, nous nous sommes rapidement mis aux coutumes locales.
Grande passe à 10 dans l’eau, la mer doit être à 30°C ici, c’est facile de rester longtemps dans l'eau! Journée géniale, nous avons bien dormi le soir.

dimanche 29 avril 2007

Les wasahas dans tous leurs états



Petit florilège des initiatives du wasaha (homme blanc) sous les tropiques :
- 2 jeunes wasahas volontaires pour de l'animation francophone dans un petit village a 2 heures de taxi brousse de la ville et où il n'y a ni eau courante, ni electricité et encore moins de voitures... débarquent avec une carte du métro de Paris pour montrer aux enfants comment se repérer dans cette grande ville... "c'est comme plein de char à zébus, mais sous terre".

- 3 édudiants en medecine font de la prevention contre le Sida. Succès inespéré : les enfants de 5 ans jusqu'aux vieilliards écoutent patiemment les explications et attendent la distribution de préservatifs. Le lendemain, la pêche au tazar a été inespérée également, les capotes font de très bons leurres pour la pêche. L'histoire ne dit pas si cela a eu un impact sur la reproduction du poisson à St Augustin.

- Une wasaha installée depuis peu recueille un petit oiseau blessé pour le soigner et donne 20 cts d'euros (500 Ar) au petit malgache qui lui a apporté. Le lendemain ce sont 6 enfants qui lui apportent quatre oiseaux dont deux aigrettes, tous en mauvais état que les enfants lui rapportent. Ils les avaient attrapés et leur avaient cassé leurs pattes pour récupérer un peu d'argent !

- Pour finir, un incinérateur a été mis en place par une association. Mais le projet ne comprenait que la construction de l'incinérateur dans un champ où les villageois déposaient leurs ordures sans suivi local. Résultat, ils continuent à déposer leurs déchets autour de l'incinérateur qui "flambant" neuf, n'a jamais servi que d'abris de luxe à quelques chèvres.

Dur, dur ! Persévérance est mère de réussite.

vendredi 27 avril 2007

Nous travaillons en deux groupes



Désormais c'est presque tous les jours que Joséphine vient passer 1h ou 2 avec sa classe. Nous faisons deux groupes et quand Héloïse travaille avec la classe sur le jeu des conjugaisons (avec rappel au tableau noir !), je travaille avec les plus petits qui continuent de venir au CLEF.
Nous nous lançons dans un conte qui se passe dans la mer. Les enfants sont incollables sur les poissons et autres crustacés. Nous faisons l'inventaire des animaux de la mer et commençons à les dessiner. Pendant que les enfants dessinent, je me rends compte qu'ils répètent les conjugaisons que récitent les plus grands (il faut donc que je corrige en direct aussi).
Je reprends une idée que Maman avait utilisée dans sa classe et montre aux enfants comment faire une tortue avec 2 disques de papier agrafés et remplis de boules de papier.
Succès ! Nous nous lançons dans la confection de tortues, de crabes, de pieuvres puis de poissons, baleines et même de langoustes assez réussies.

Il ne nous reste plus qu'à trouver ce qui peut arriver à ce panier de crabes !